Environment

Le Service public Fédéral de la Santé publique, de la Sécurité de la Chaîne alimentaire et de l’Environnement a publié via son Conseil Supérieur de la Santé  l’Avis  N° 9726 sur L’impact des filtres à cigarette sur la santé publique et l’environnement en Belgique1. Il se résume dans cet extrait. OXY Belgium soutien cet Avis

« Le filtre à cigarette en acétate de cellulose n’apporte aucun bénéfice avéré dans la prévention des effets néfastes du tabagisme sur la santé. Il est très probable que l’augmentation du nombre d’adénocarcinomes pulmonaires depuis 1970 s’explique, du moins en grande partie, par l’utilisation accrue de filtres à cigarette au cours des décennies précédentes. Les adénocarcinomes ont tendance à apparaître plus tôt que les carcinomes épidermoïdes (délai plus court). En Belgique, leur taux moyen de survie relative à 5 ans était respectivement de 30,2 % et 25,1 % entre 2015 et 2020. Les trous dans le filtre permettent d’obtenir des mesures de goudron, de nicotine et de CO dans la fumée inférieures à celles que le fumeur inhale réellement, car de nombreux trous du filtre sont en réalité obstrués par les doigts du fumeur. Une modification du mode de combustion augmente la formation de nitrosamines spécifiques au tabac (NAST). En outre, en raison des meilleurs effets sensoriels, les fumeurs sont susceptibles de fumer un plus grand nombre de cigarettes avec filtre que de cigarettes sans filtre par jour. Il existe également des indications pour une inhalation plus profonde en tant que comportement de compensation. Le filtre à cigarette en acétate de cellulose a été trompeur en termes de protection implicite de la santé des fumeurs, tout en devenant un outil de marketing important pour l’industrie du tabac depuis les années 1950. Ce dernier a créé des idées fausses sur la composition et les effets sur la santé du filtre en acétate de cellulose, créant un faux sentiment de sécurité chez les fumeurs. »

OXY Belgium soutien et reprend de même la position de l’Alliance pour une société sans tabac exprimée dans son Memorandun 2023 au point 6 : Introduire une interdiction des filtres à cigarettes

« La stratégie interfédérale 2022-2028 pour une génération sans tabac énonce que les conséquences environnementales néfastes de la consommation de produits de tabac doivent être réduites2. À la suite de la publication de cette stratégie, le gouvernement belge se prépare actuellement à interdire les cigarettes électroniques jetables3, comme le recommande également le Conseil Supérieur de la Santé, depuis 2015 déjà4. En outre, la stratégie interfédérale 2022-2028 pour une génération sans tabac insiste également sur l’obligation pour les États membres de l’UE de transposer la directive européenne sur les plastiques à usage unique (« directive SUP »)5, y compris le principe de la responsabilité élargie des producteurs en vertu duquel l’industrie du tabac serait tenue de contribuer au coût de l’élimination des mégots et déchets du tabac. Selon l’Alliance, la façon la plus efficace de s’attaquer au problème des mégots est de faire en sorte que personne ne commence un jour à fumer et d’encourager les fumeurs actuels à arrêter. Il est donc extrêmement important que les autorités compétentes pour la collecte et le traitement des déchets et des déchets sauvages collaborent avec les instances compétentes en matière de santé publique, afin que leurs politiques respectives se renforcent mutuellement. Chaque année, 4,5 milliards de mégots de cigarette finissent dans la nature. Ces mégots abandonnés représentent la première catégorie de déchets au monde6.   Les filtres contiennent de l’acétate de cellulose, qui se dégrade en microplastiques qui atterrissent dans l’environnement (aquatique). On y trouve aussi de nombreuses autres substances toxiques, notamment de l’arsenic, des métaux lourds, du zinc et du cuivre, qui, comme les plastiques, finissent dans la nature. Enfin, les mégots sont particulièrement difficiles à éliminer car ils restent souvent coincés entre les dalles et le sable. L’interdiction des filtres est donc une mesure nécessaire pour protéger l’environnement. Selon les cigarettiers, le filtre a été introduit pour limiter l’impact nocif des cigarettes sur la santé. Il s’est avéré après coup qu’il s’agissait surtout d’un stratagème de marketing. La recherche a en effet montré que le filtre est responsable d’une inhalation plus profonde de la fumée, et que des fibres de cellulose pourraient aussi pénétrer dans les poumons7.  En outre, l’absence de filtre peut dissuader certaines personnes de commencer à fumer, contrairement aux cigarettes avec filtre qui diminuent la sensation de brûlure dans la gorge8. L’introduction du filtre n’a donc fait qu’aggraver la nocivité de la cigarette, au lieu de la réduire9. Le récent arrêt « sjoemelsigaret »10 aux Pays-Bas confirme également que le filtre ne diminue pas la nocivité de la cigarette, mais qu’il s’agit d’un instrument de marketing utilisé par l’industrie du tabac. Les cigarettes avec filtre sont encore plus nocives et rendent encore plus dépendant que l’industrie du tabac ne le prétend. Les fumeurs de cigarettes avec filtre inhalent en effet davantage de poisons et de nicotine que les mesures officielles ne le montrent. Les filtres sont en effet perforés de micro-trous qui laissent passer l’air pour diluer les substances nocives et fausser ainsi les mesures officielles. Une dilution qui n’a pas lieu dans la réalité car les fumeurs bouchent ces perforations avec leurs doigts et leurs lèvres11.  Conclusion : le filtre ne fait que nuire un peu plus à la santé et à l’environnement. L’Alliance soutient pleinement l’avis du Conseil Supérieur de la Santé12 et approuve donc la recommandation d’interdire le plus rapidement possible les filtres à cigarette. »

1. www.hgr-css.be/fr↩ Back

2. Stratégie interfédérale 2022-2028 pour une génération sans tabac↩ Back

3. Dossier soumis pour notification à la Commission européenne par le SPF Santé publique↩ Back

4. Avis 9549 du CSS – Cigarette électronique : évolution, Conseil Supérieur de la Santé↩ Back

5. Directive (UE) 2019/904 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 relative à la réduction de l’impact de certains produits en plastique sur l’environnement↩ Back

6. https://www.who.int/fr/campaigns/world-no-tobacco-day/2022↩ Back

7. Min-Ae Song and others, Cigarette Filter Ventilation and its Relationship to Increasing Rates of Lung Adenocarcinoma, JNCI : Journal of the National Cancer Institute, Volume 109, Issue 12, December 2017, djx075↩ Back

8. Pulvers K, Tracy L, Novotny TE, et al, Switching people who smoke to unfiltered cigarettes: perceptions, addiction and behavioural effects in a crossover randomised controlled trial, Tobacco Control Published Online First : 19 November 2021. doi : 10.1136/tobaccocontrol-2021-056815 ↩ Back

9. Evans-Reeves K, Lauber K, Hiscock R. Tob Control Epub ahead of print : [please include Day Month Year]. doi:10.1136/ tobaccocontrol-2020-056245 ↩ Back

10. https://uitspraken.rechtspraak.nl/#!/details?id=ECLI:NL:RBROT:2022:9297 ↩ Back

11. https://www.rechtspraak.nl/Organisatie-en-contact/Organisatie/Rechtbanken/Rechtbank-Rotterdam/Nieuws/Paginas/NVWA-moet-handhavendoptreden-tegen-verkoop-filtersigaretten.aspx↩ Back

12. Avis CSS 9726 – L’impact des filtres à cigarette sur la santé publique et l’environnement en Belgique. Conseil Supérieur de la Santé. https://www.health. belgium.be/fr/avis-9726-filtres-cigarette#anchor-43439↩ Back